Le village de Bussy-Saint-Martin est cité dès 841 sous le terme «Villa Buxido ». Quant à l’origine du nom de « Bussy », elle demeure obscure. Elle vient du latin « buxa » ou « buxus », buisson ou bois qui deviendra en vieux français «bouix » puis buis. Le nom «buxido» originel semble favoriser cette dernière, mais sans certitude. Cependant, le caractère boisé de l’endroit apparaît dans chacune de ces définitions. La désignation de Saint-Martin n’apparaît qu’en 1277 : Buciaum Sancti Martin.
Au Moyen Âge, Bussy-Saint-Martin et Bussy-Saint-Georges ne forment qu’une seule seigneurie dirigée par les seigneurs de Bucy. La séparation des deux villages aura lieu à la fin du XIIe siècle, époque à laquelle l’église fut édifiée.
Avec la vague de déchristianisation de 1793, Bussy-Saint-Martin devient Bussy-la-Montagne.
À cette époque, la population de notre village connaît peu de fluctuations. En 1710, Bussy-Saint-Martin comptait 42 feux dont 28 à Rentilly.
En 1745, 43 feux dont 27 à Rentilly.
En 1821, 249 habitants dont 120 à Rentilly.
En 1888, 265 habitants.
En 1900, l’activité économique de notre village est intense : une auberge (Bussy), une auberge-tabac-épicerie (Rentilly), un coiffeur, un coquetier (marchand d’œufs et de volailles en gros), un fruitier, un jardinier, un marchand de marée, un sabotier, un treillageur (personne qui fabrique et vend des treillis). Cette dernière activité peut surprendre, mais la région à cette époque possède de nombreux vergers et quantité de vignes. Le nom de Saint- Thibault-des Vignes en est une parfaite illustration. En effet, dès 1826, 126 hectares de vignes occupaient ce village. En 1925, le conseil municipal décide l’installation de l’électricité sur la commune pour la somme de 33 150 francs dont 10 000 francs seront empruntés sans intérêts à Jacques Menier.


Bussy-Saint-Martin
En 1930, Bussy-Saint-Martin compte 232 habitants et le maire en est Jacques Menier.
La commune est alors composée de quatre hameaux : Bussy-Saint-Martin, Saint-Germain-des-Noyers, Rentilly et le Petit-Bussy (groupe de maisons situé à l’entrée de Collégien). En 1953, un arrêté préfectoral stipule le rattachement du «Petit-Bussy» à la commune de Collégien.
En 1969, l’état décide l’aménagement de l’Est de la région Parisienne. La municipalité demande alors à Monsieur le Préfet que la partie du territoire de notre commune englobée dans le projet ne soit en aucun cas urbanisée. En 1972, le conseil repousse un projet de fusion avec Bussy-Saint-Georges.
L’arrêté préfectoral du 21 décembre 1973 déclare d’utilité publique l’acquisition des terrains sur la commune de Bussy-Saint-Martin pour la création d’un nouvel ensemble urbain.
La municipalité décide d’exercer tous recours contre cet arrêté préfectoral devant la juridiction administrative.
En 1984, les habitants et le conseil municipal adoptent la résolution « de n’accepter aucune partition de la commune dans les projets de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée et demande l’exclusion de la commune de Bussy Saint-Martin du périmètre d’urbanisation nouvelle ».
En 1986, notre commune n’entre pas dans le cadre d’intervention de l’EPA Marne et reste une commune de droit commun, hors ville nouvelle.
Le village Bussy-Saint-Martin est alors amputé de 21,8 hectares.

Rentilly

C’est en 1265, que l’on trouve dans un titre de l’abbaye de Saint-Maur-des-Fossés, sous le nom latin de Rentilliacum, les traces de la localité de Rentilly. Celle-ci se présente comme enclave seigneuriale dotée d’un pouvoir de justice
À la fin du XVe siècle, l’abbaye la vend à Jean de Bourdereul.


La Croix Blanche il y a bien lomgtemps...

Mais au cours de l’année 1993, des archéologues mettent à jour les vestiges d’un village néolithique datant du 1er siècle après J.C. (traces d’anciens foyers, fondations de huttes). Ce village a été estimé à une quarantaine de feux. C’est donc sur ce lieu que se développa le hameau de Rentilly.

Au siècle dernier, une fête patronale avait lieu dans les communs du château, le dimanche suivant le 11 novembre. Après la libération, la cour du Met (face au lavoir) remplaça, à la date du 15 août, la salle de bal prêtée par la famille Menier. Les forains s’installaient le long des habitations et une estrade accueillant l’orchestre était dressée. Pour l’occasion, on barrait la rue alors peu fréquentée. Cette tradition villageoise s’éteignit en 1949.
Aujourd’hui, une ferme rappelle le caractère agricole qui fut longtemps celui du hameau
Saint-Germain-des-Noyers

Les documents concernant ce hameau aux portes de Torcy sont rares. Dès le XIIIe siècle, l’endroit est déclaré comme paroisse. Plus tard des cahiers de doléances en attesteront.

La ferme de Saint-Germain avant 1917
Sur la carte de Cassini du XVIIIe siècle, on peut y voir un édifice religieux aujourd’hui disparu. On suppose que la Princesse de Furstenberg, descendante de Jean de Ligny, alors propriétaire de Rentilly, obtint en 1697 l’autorisation d’avoir dans son domaine un lieu de prières ouvert aux fidèles de Rentilly, compte tenu de l’éloignement de l’église de Bussy.
Le 2 août 1792, par un décret de l’assemblée nationale, la paroisse de Saint-Germain-des-Noyers est supprimée et réunie à celle de Torcy. Le 2 mai 1858, le feu prend dans le local de la machine à battre. La bergerie et le grenier à blé brûlent. Il faut huit heures aux pompiers de Torcy et de Bussy-Saint-Georges pour éteindre l’incendie. En 1939, l’électricité est installée dans les dépendances de la ferme.
En 1974, la famille Menier se sépare de la ferme de Saint-Germain des-Noyers. Monsieur Lemarié en devient le nouveau propriétaire.

L’Église

L’actuelle église du village a été construite aux Xe et XIIIe siècle. Sa situation et sa taille importante pour un si petit village peuvent surprendre. On suppose que ce sanctuaire a été utilisé comme lieu de pèlerinage pour vénérer des reliques ou une étape sur le chemin de nombreux pèlerins d’alors.En effet, une porte de l’église datant certainement du XIIIe est ornée de 17 fers à chevaux.

La légende veut qu’ils soient ceux des chevaux arabes des croisés, déposés par eux à leur retour du pays. Cependant, ces fers n’apparaissent pas usés. Ce sont certainement des ex-voto de reconnaissance des voyageurs envers le Saint-Patron qui les avait protégés lors de leurs pérégrinations.
À l’intérieur droite de l’autel se trouve une manche terminée par un gant. Il s’agirait d’une relique de Saint-Martin. Cette manche provient de l’abbaye royale de Chelles où elle fut, à la fermeture du monastère durant la période révolutionnaire, emportée par une religieuse, qui, originaire de Bussy-Saint-Martin, la remit au curé de sa paroisse, l’Abbé Boivin.
À gauche, dans la nef, on peut voir une statue de pierre représentant Saint-Martin partageant son manteau (XVe siècle) et une autre de Saint-Vincent de Saragosse, patron des Vignerons (XVIe siècle).
Sur le flanc gauche de l’église se trouve un vitrail de la même époque représentant des épisodes de la vie de Saint-Etienne. À l’entrée ont été dressées, pour leur éviter toute dégradation, trois dalles funéraires datant de 1430, 1492 et 1640.
Le retable du XVIIe siècle provient de la chapelle du château de Rentilly.
Depuis 1980 de nombreux travaux ont été réalisés : reprise des fondations, réfections des charpentes et des toitures, pose de vitraux, restauration des œuvres d’art, réfection du sol, réfection du plafond en bois comme initialement et mise en lumière.
Lors des derniers travaux, deux squelettes datant vraisemblablement du XVe siècle, furent découverts ainsi qu’un sarcophage en pierre du VIIe siècle qui n’avait pas été ouvert depuis cette époque.
Cette surprenante découverte nous apprit qu’une chapelle primitive existait déjà à cet emplacement 600 ans après J.C.
L’église fut classée monument historique en 1921.

Le Château de Rentilly
Le château est construit au début du XVIe siècle par Jean Bourdereul, avocat au parlement. La propriété connaîtra de nombreux propriétaires avant d’être inscrite à l’inventaire des sites par arrêté du 4 mai 1944.
En 1599, Jean de Ligny, secrétaire du roi Henri IV, achète Rentilly.
Au XVIIe et XVIIIe siècle, le domaine appartient à la famille Thomé.
En 1820, le château est vendu à Isaac Thuret, consul des Pays- Bas. En 1851, Ernest André, banquier, en devient propriétaire et d’importants travaux sont alors réalisés.


Le pavillon de la grille d'honneur
En 1863, Ernest André lègue la propriété à son fils Édouard, grand collectionneur d’œuvres d’art. En 1890, le château est vendu à Gaston Menier. Des modifications dans les communs sont apportées : piscine dans l’Orangerie, hammam, chaufferie, écuries. Trois pavillons sont aussi érigés. Pendant la seconde guerre mondiale, le château réquisitionné par l’État, sert de caserne à un Groupe Mobile de Réserve (ancêtre des C.R.S.).
À quelques heures de la libération certains d’entre eux prendront le maquis. Le château sera incendié par représailles le 21 août 1944 et reconstruit entre 1954 et 1957 par Jacques Menier son propriétaire. En 1987, l’établissement d’aménagement public EPA Marne se rend acquéreur du domaine. Ce dernier se situe aujourd’hui sur deux communes : Bussy-Saint-Martin et Bussy-Saint-Georges.
L’école
En 1833, la loi Guizot fait obligation à chaque commune d’ouvrir et d’entretenir une école publique. Cependant, elle laisse aux communes le soin de payer les instituteurs. Les fonds sont tirés de la rétribution scolaire versée par les familles et d’une allocation fixée par le conseil municipal. Les familles indigentes sont exonérées par la commune. Ainsi en 1855, à Bussy-Saint-Martin la scolarité s’élève à un franc par mois et par enfant. Ces taux sont révisés chaque année. En 1856, la commune acquiert l’ancien presbytère jouxtant l’église pour créer la « maison d’école ». En 1862, l’instituteur reçoit 700 francs de traitement annuel et 100 francs pour sonner l’Angélus. Le maître de la classe est souvent aussi secrétaire de Mairie. En 1878, la municipalité décide la création d’une nouvelle école. En 1883, une garderie pour les petits de 2 à 8 ans appelée « salle d’asile » est ouverte dans le village.
En 1889, l’État prend en charge le traitement des instituteurs. Entre temps, l’école est devenue gratuite, laïque et obligatoire pour l’enseignement primaire. Dans les délibérations du conseil municipal de 1908, il est mentionné que le bûcher de l’école étant en mauvais état, il devra être restauré et élargi en buanderie pour l’instituteur alors logé par la commune. En 1960, le manque d’effectif conduit l’Éducation Nationale à fermer l’école. M. Garnache sera le dernier maître de cette classe unique. Les enfants sont alors scolarisés à Torcy, puis récemment à Bussy- Saint-Georges.

M. Garnache et ses élèves avant la fermeture de la classe unique en 1960

Les lavoirs

Deux lavoirs existaient dans la commune. Le premier est encore visible à Bussy-Saint-Martin entre les numéros 24 et 26 de la rue du Moulin. On peut admirer son bassin à travers la grille. Le second, aujourd’hui disparu, se situait à Rentilly, dans la rue du Met. C’est désormais une salle communale. Antérieurs à 1830, ces lavoirs furent couverts en 1838. Points de passage et lieux de discussion pour bon nombre de lavandières, les lavoirs nécessitaient une attention particulière pour une bonne utilisation.
En 1853, une imposition extraordinaire est votée pour l’entretien des toitures des 2 lavoirs. En 1870, des travaux de réfection sont entrepris pour 290 francs. En 1877, Édouard André, propriétaire du château, offre de conduire, à ses frais, le trop plein des bassins de son domaine jusqu’au lavoir de Rentilly afin de l’alimenter.

En 1902, des travaux sont menés au lavoir de Rentilly pour la réfection du bord du bassin en pierre. En 1931, M. Jacques Menier, alors Maire de la commune et châtelain, prend à sa charge les réparations du lavoir de la rue du Met. Les fissures sont rebouchées et la porte réparée. En 1944, pour 12 774 francs, l’alimentation en eau du lavoir de Rentilly est remise en état. Cette somme représente alors le quart des recettes de la commune. En 1952, la toiture du lavoir de Bussy est refaite. En 1984, compte tenu des problèmes d’écoulement, la municipalité
écide de combler le lavoir de Rentilly et de construire en lieu et place l’actuelle salle communale. Le bassin progressivement déserté par les dernières lavandières était, à cette époque, alimenté en eau par le réseau communal. En 1994, le lavoir de Bussy est restauré et ses abords aménagés.

Les armoiries
Le rouge est le symbole de la Brie, Comté auquel Bussy a été attaché. Le mont de verdure sur lequel s’élève l’église reproduit le cadre naturel qui environne ce monument. Le pont est celui qui a longtemps servi de frontière et d’octroi entre Saint-Thibault-des-Vignes et notre village. C’est la première construction de Bussy puisque dans les textes parlant du village en 841, il est fait mention de ce pont. Le blé honore l’agriculture encore présente. Les pampres symbolisent la vigne dont Bussy a fait culture. Le cacao rappelle que la famille Menier a conduit les affaires du village au XIXe siècle. La couronne murale est le symbole obligatoire des communes de France. Ce blason fut réalisé en 1992 avec le concours du ministère de la Culture.
Sources :
Archives communales et départementales
Bibliographie :
« Au cœur de Marne-la-Vallée »
Jean Giraux-Bernard Logre, Presses du village
« Lavoirs en péril au pays de Lagny »,
Bernard Wallez, Ed. Gerfau
«Histoire de Seine-et-Marne »,
René-Charles Plancke, Ed. Ammatteis
textes et images de la plaquette réalisée avec le concours de la municipalité
par Jean-Michel Serrant aidé dans ses recherches par Messieurs
J. Boureau, J. Chabroux, J. Giraux,
J.-G. Herrenschmidt, B. Logre et J. Touquoy.
Remerciements particuliers à l’association
«Connaissance du Val-Maubuée »